La série El arte del crimen est de retour sur France Télévisions avec sa neuvième saison, diffusée depuis le 23 février 2026. Très attendu, son premier épisode a rassemblé plus de 4,9 millions de téléspectateurs lors de son lancement en France.
Toujours portée par le duo d’inspecteurs interprété par Nicolas Gob et Éléonore Bernheim, la série mêle intrigues policières et Histoire de l’art, chaque épisode mettant en lumière une œuvre ou une figure du patrimoine artistique européen – cette saison, Paul Cézanne et Jacques-Louis David. Un mélange de divertissement, d’enquête light-crime et de culture qui continue de séduire le public en France comme à l’international, ouvrant déjà la voie à une saison 10.
À cette occasion, Isabelle Degeorges (Directrice de Gaumont Télévision et productrice), Garance Auboyneau (Productrice artistique chez Gaumont) et Cécilia Rossignol (Directrice des Ventes Catalogue chez Gaumont), reviennent sur le succès de la série, les coulisses de cette nouvelle saison, et ses ambitions internationales.
Unifrance : La saison 9 de El arte del crimen est diffusée sur France Télévisions depuis le 23 février dernier, et son lancement a rencontré un succès remarquable auprès du public français. Comment expliquez-vous la longévité de la série et la fidélité de son audience, saison après saison ?
Isabelle Degeorges: La longévité de El arte del crimen s’explique, à mon avis, par une recette simple mais redoutablement efficace : un duo d’enquêteurs charismatiques, des intrigues bien ficelées et ancrées dans l’Histoire de l’art – un terrain de jeu visuel et narratif inépuisable, une production soignée qui allie suspense et esthétisme, et enfin un ton léger porté par la romance impossible entre nos deux héros.
Avec France Télévisions, nous avons su cultiver un équilibre rare entre divertissement grand public et ambition culturelle, ce qui séduit aussi bien les amateurs de polars que les passionnés d’art.
La fidélité du public tient aussi de la régularité de la série – une saison par an, sans rupture de ton ni de qualité – et à son ancrage français, qui valorise la richesse de notre patrimoine tout en s'exportant bien.
Cette nouvelle saison est-elle également très attendue à l’international ? Quelles sont vos ambitions sur le marché étranger ?
Cécilia Rossignol : Grâce à cette nouvelle saison, nos ambitions sont doubles. D’une part, continuer à fidéliser les chaînes et plateformes qui nous font confiance depuis le début : MHz Choice (États-Unis), Mystery Channel (Japon), Cosmote (Grèce), pour n’en citer que quelques-unes. Ce qui a fait le charme de la série dès la saison 1 continue de séduire leurs audiences : un procédural efficace, avec une intrigue originale par épisode, une arche narrative sur la saison et un duo d'enquêteurs vraiment attachant.
Cette nouvelle saison permet également d’attirer de nouveaux partenaires, car après 9 saisons, la longévité de la série constitue un argument en soi. Pour un diffuseur, c'est la garantie d'une série qui a fait ses preuves, avec un volume suffisant pour assurer plusieurs semaines de programmation, créer un rendez-vous et fidéliser l’audience. Récemment, Helio Media, en Lettonie, a d’ailleurs décidé d’acquérir la collection complète !
Cette saison introduit de nouveaux personnages, de nouveaux décors et de nouvelles intrigues. Quelles sont les principales nouveautés et qu’apportent-elles à la série ?
Garance Auboyneau : L’enjeu de chaque saison est de s’inscrire dans la continuité d’une série qui a su créer ses propres codes, entre polar et monde de l’art, tout en se renouvelant constamment.
Par les thématiques choisies comme par l’esthétique, les créateurs de la série, Pierre-Yves Mora et Angèle Herry Leclerc veillent à ce que chaque épisode fasse écho à l’œuvre de l’artiste mis à l’honneur – Cézanne et David pour la saison 9. Cette année, pour la première fois, nous avons quitté la région parisienne avec notre réalisatrice, Anne Péjean, pour tourner quelques jours à Aix-en-Provence, et les couleurs de la Montagne Sainte-Victoire jouent un rôle important dans l’épisode consacré à Cézanne.
En saison 9, en plus des nouveaux comédiens qui nous ont rejoints sur cette intrigue, nous avons accueilli un guest pour le moins original. Nicolas Gob incarne en effet, en plus du Capitaine Verlay, un personnage nommé Vincent Doppel, qui se révèle être son cousin éloigné… et qui lui ressemble beaucoup, à quelques détails près. Ce nouveau personnage, qui ne va pas laisser Florence Chassagne – incarnée par Éléonore Bernheim – indifférente, nous a permis de créer des situations de comédie inédites, tout en continuant à explorer la ligne amoureuse de notre duo.
En parallèle des enquêtes, la relation entre Chassagne et Verlay connait de nouveaux rebondissements, insolites et inattendus. Son évolution constitue-t-elle aujourd’hui un moteur dramatique essentiel de la série ?
GA : La relation entre Chassagne et Verlay est au cœur de la série et, en ce sens, la ligne narrative qui s’articule autour de leur romance est effectivement essentielle. L’un des défis de la série consiste donc à faire évoluer cette relation tout en lui créant des obstacles.
Les auteurs nous impressionnent à chaque fois par leur inventivité. Dans la saison 9, ils sont parvenus à renouveler la comédie à cet endroit, notamment grâce au personnage de Doppel, mais aussi à apporter davantage d’émotion et de profondeur en explorant le passé de Florence.
L’art reste au cœur de chaque épisode, permettant de faire découvrir, de manière à la fois divertissante et pédagogique, un pan du patrimoine français et européen (artiste, œuvre, mouvement artistique, lieu culturel, etc). Comment sélectionnez-vous ces références artistiques ?
GA : Le choix des artistes répond à plusieurs critères. Nous tentons, de concert avec les auteurs et la chaîne, de sélectionner des artistes emblématiques et identifiés, que nous pouvons également incarner à l’écran dans les rêveries de Florence Chassagne, et dont l’œuvre comme les trajectoires personnelles peuvent entrer en résonnance avec notre époque. L’ambition de El arte del crimen est aussi de mettre à l’honneur des lieux tout aussi emblématiques, avec un attachement particulier pour le Louvre, où nous avons tourné cette année encore, et la volonté de faire rayonner, à chaque saison, différents monuments de notre patrimoine. Nous avons ainsi tourné en saison 9 à la Sorbonne, au Musée Grévin et au pied de la Montagne Sainte-Victoire, si chère à Cézanne.
La valorisation de ce patrimoine, ainsi que les décors (musées, châteaux, villes, paysages emblématiques, etc.), contribuent-ils selon vous à l’attrait de la série à l’international ?
CR : Absolument. Le Louvre, le musée d'Orsay, les ruelles d’Aix-en-Provence… ces lieux font rêver à l'étranger. Ce qui fait le charme de El arte del crimen, c'est que nous tournons in situ, dans de vrais décors, sans reconstitution – ce qui apporte une forte valeur de production. Par ailleurs, chaque saison fait découvrir de nouveaux artistes et de nouveaux univers, ce qui entretient la curiosité des acheteurs et du public international.
Quels sont, selon vous, les autres atouts de la série pour les diffuseurs étrangers ? Son équilibre entre divertissement, enquête light crime et Histoire de l’art ? Son format et son volume d’épisodes disponibles ?
CR : El arte del crimen repose sur un subtil équilibre entre polar, comédie et romance, qui se développe saison après saison, et tient les spectateurs en haleine. La production sait se renouveler – nouveaux décors, nouveaux personnages secondaires – tout en conservant l'identité de la série.
Après 9 saisons, le volume d’épisodes et les intrigues bouclées permettent à la série d’être programmée aussi bien en soirée qu’en journée. Elle constitue donc un choix idéal pour les diffuseurs qui souhaitent fidéliser leur public sur la durée.
Le succès de la série en France comme à l’international a conduit au lancement d’une saison 10. Que pouvez-vous déjà nous en dire ?
ID : La saison 10, annoncée après le succès de la saison 9, s’inscrira dans la continuité de la série, avec peut-être quelques surprises, mais surtout des histoires fortes, des guest-stars marquantes et des artistes, ainsi que des lieux emblématiques encore inexplorés. Les équipes de production ont l’habitude de travailler avec des contraintes créatives fortes –budgets, tournages en décors naturels, ce qui force à innover dans l’écriture et la mise en scène.
Si la saison 9 a confirmé l’appétit du public, la saison 10 jouera aussi sur une certaine nostalgie, avec un clin d’œil aux débuts de la série, tout en introduisant des éléments inédits qui viendront relancer le récit. Côté production, le défi sera de maintenir cette alchimie tout en intégrant les attentes d’un public désormais habitué aux formats courts et aux plateformes.
GA : Dans la saison 10, nos deux enquêteurs vont être plongés dans l’univers de deux célèbres artistes, Renoir et Rembrandt. Pour le reste nous ne pouvons pas vous en dire beaucoup plus, si ce n’est que nos créateurs ont encore frappé fort, avec de nombreux développements inattendus !






















